>> Les fêtes que nous aimons célébrer

 

 

Les fêtes que nous aimons célébrer

Le Carême

« En quel pays de solitude,
Quarante jours, quarante nuit,
Irez-vous, poussées par l’Esprit ? »

Liturgie de Carême

 

JPEG - 138.4 ko
Le désert de Judée

 

 

 

 

Pour beaucoup le mot Carême est encore aujourd’hui le synonyme de tristesse, pénitence, ennui…bref, « le désert ». Mais le désert est-il vraiment si triste que cela ? Le Petit Prince ne disait-il pas que le désert est si beau parce qu’il cache quelque part un puits ?

 
JPEG - 129.6 ko
Quarantaine

La Parole de Dieu nous présente le désert comme un lieu de tentation, d’épreuve,

JPEG - 151.9 ko
Les tentations du Christ (Duccio)

certes, mais aussi comme un lieu où l’Amour appelle à revenir à l’essentiel :

« Je me rappelle l’amour de ta jeunesse,
Ton affection de fiancée, alors que tu me suivais au désert…
 » (Jérémie 2,2)

Mais si nous avons été infidèles, si nous avons rompu l’Alliance… cet amour est-il donc à jamais perdu ?

Ce serait mal connaître le cœur de notre Dieu !

« L’épouse infidèle, je vais la séduire,
je vais la conduire au désert
et je parlerai à son coeur.
(…)Et là, elle me répondra comme aux jours de sa jeunesse.
 » (Osée 2,16-17)

JPEG - 223.8 ko
Cantique des Cantiques – miniature

 

 

 

 

 

 

Mais cet amour, cette tendresse reçus ou plutôt retrouvés à chaque fois qu’on accepte de « se laisser conduire au désert » ne peuvent rester enfermés dans le cœur de celui qui a tant reçu.

Il faut regarder autour de soi et… voir l’autre qui est dans la détresse, ou simplement dans le besoin… matériel ou tout simplement d’un peu d’amour et d’amitié :

 

 

« Voici le jeûne que j’aime
défaire les chaînes injustes et le joug,
renvoyer libres les opprimés, briser tous les jougs,
partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri,
vêtir celui qui est nu, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair.
 » (Isaïe 58)

Mais aussi, pardonner, et surtout, accepter d’avoir à demander le pardon :
« Lorsque tu présentes ton offrande à l’autel, si tu te souviens alors que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l’autel. Va d’abord te réconcilier avec ton frère. Puis reviens présenter ton offrande. » (Matthieu 5)

Et la joie jaillira au bout du chemin :
« Ta lumière jaillira comme l’aurore… Tu seras comme un jardin arrosée…  » (Isaïe 58)

JPEG - 398.5 ko
Le soleil
JPEG - 134 ko
Les narcisses sauvages

Mais alors, le jeûne, la pénitence, bref tout ce que l’on appelait jadis « le obligations » ou « les pratique de Carême », cela n’a plus de cours, plus de sens ? Bien sûr, et l’Église le rappelle bien dans bien des oraisons prévues pour ce temps. Déjà, celle du Mercredi des Cendres nous le dit avec force :

Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement,
par une journée de jeûne,
notre entraînement au combat spirituel :
Que nos privations nous rendent plus forts
pour lutter contre l´esprit du mal.

Mais… justement, il ne s’agit pas d’obligation ou de pratique, mais d’un choix libre « pour lutter contre l’esprit du mal », ou plutôt d’élan d’amour d’un être qui s’élance spontanément et se déleste de tout ce qui l’entrave pour courir librement à la rencontre du Bien-Aimé.

Ceux qui pratiquent le sport, l’escalade en montagne, ou qui, plus simplement veulent à tout prix réussir dans quelque chose qui leur tient à cœur, savent bien qu’il faut y mettre du prix, que les choix et les sacrifices s’imposent. Seraient-ils plus ardents que les chercheurs de Dieu ?

D’ailleurs, Saint Paul le rappelle vigoureusement :

« Dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix. Courez donc de manière à le remporter ! Les athlètes se privent de tout pour obtenir une couronne périssable. Et nous, c’est pour une couronne impérissable. (…) Voilà pourquoi j’entraîne mon corps pour que, après avoir servi de messager pour les autres, je ne sois pas disqualifié moi-même.  » (1Cor. 9)

N’est-ce pas d’ailleurs aussi le message, si mal compris parfois, de notre Père Saint Jean de la Croix ? S’il faut prendre résolument le chemin du « rien », c’est pour atteindre le « Tout » de Dieu.

« Pour venir à goûter TOUT, ne veuillez avoir de goût en rien.
Pour arriver à posséder TOUT, ne veuillez posséder quelque chose en rien.
Pour venir à être TOUT, ne veuillez être quelque chose en rien.
Pour venir à savoir TOUT, ne veuillez savoir quelque chose en rien. »
(La Montée du Carmel)

mais aussi :

« À moi sont les cieux et à moi est la terre, et à moi sont les peuples ;
les justes sont à moi et à moi les pécheurs,
les anges sont à moi et la Mère de Dieu est à moi
et toutes les choses sont à moi,
et Dieu même est à moi et pour moi,
parce que le Christ est à moi et tout entier pour moi.
Que demandes-tu et que cherches-tu donc, mon âme ?
À toi est tout ceci et tout ceci est pour toi.
Ne t’estime pas moindre.
Ne prête pas attention aux miettes qui tombent de la table de ton Père.
Sors au dehors et glorifie-toi en ta gloire.
Cache-toi en elle et sois dans la joie, et
tu obtiendras ce que ton coeur demande.
 »

(La prière de l’âme énamourée)

Vécue ainsi, l’ascèse du Carême n’est que la purification dans l’attente impatiente de l’Aimé.

JPEG - 180.2 ko
Le Petit Prince et le Renard

Le renard le disait déjà au Petit Prince :

« Si tu viens, par exemple à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai à être heureux. Et plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix de bonheur. »

« Plus l’heure avancera…  » oui, elle avance, l’heure. C’est l’époque où le désert de Judée, si aride habituellement, commence à se couvrir de fleurs…

JPEG - 159.3 ko
Lumière

La lumière jaillira
Et puis, ce n’est pas long, quarante jours
et quand on sait qu’au bout de ces quarante jours Il sera là, ruisselant de lumière dans la gloire de sa Résurrection… on « habille » son cœur à la rencontre.

 

 

Message du Saint Père pour le Carême

 

 

Vous pouvez lire ci-après la méditation d’une sœur sur le Carême

Israël, mets-toi en marche, reviens vers ton Dieu qui t’appelle , disaient des prophètes.
Israël est un nom ; ainsi, Dieu disait à Jacob : « Tu t’appelas désormais Israël, car tu as combattu contre Dieu et tu as été le plus fort. »

Aujourd’hui encore, Dieu nous appelle ainsi, chacun par son nom, à travers une nation, une génération, une société…

Le Carême est le temps de cet appel de Dieu.

A chaque étape de la vie, nous nous arrêtons pour prendre du temps en chemin ; parfois, il faut prendre un temps de repos pour reprendre plus hardiment notre marche, parfois nous il faut changer de route pour donner un nouveau sens à notre vie. Et pour continuer notre marche allégrement, le chemin a besoin d’être nivelé et aplani ; et en fin de la route, nous espérons d’arriver à cette terre que Dieu a promise a chacun de nous.

Le Carême est le temps de cet arrêt et de cette reprise.

Quand Jean-Baptiste apparaît sur la scène, dans l’évangile de Saint Luc, c’est pour appeler à un baptême de conversion, en disant : « Moi, je vous baptise dans l’eau, mais celui qui vient après moi est plus grand que moi, et lui vous baptisera dans l’esprit et le feu…. Produisez des fruits dignes de la repentance. »

Le Carême est ce temps de conversion qui nous est donné aujourd’hui comme un cadeau, pour rencontrer au bout Celui qui est « plus grand ».

Le carême (quadragésime) qui veut dire quarante nous rappelle les quarante années que les Israélites ont vécues dans le désert.

Jésus lui-même sera conduit par l’Esprit Saint au désert pendant quarante jours où il ne mangera ni ne boira pas et sera mis à l’épreuve. Lors de ce temps de jeûne, de prières, Jésus nous rappelle que le plus important c’est de se nourrir de la parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. » Renvoyant toujours au commandement de l’amour du prochain, il dira aussi ce que le prophète Osée disait déjà : « C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices. »

Comme le Peuple d’Israël, comme Jésus, nous sommes appelées à aller au désert. Le désert, c’est un lieu du combat et de la tentation, pour faire sans cesse l’expérience de la faiblesse humaine qui a besoin de la miséricorde de Dieu ; pour découvrir que Dieu est Père plein de miséricorde infinie, un Père qui aime et pardonne toujours. Avant même de leur montrer leur misère, Il veut appeler ses enfants à se convertir pour obtenir son pardon. Dieu n’hésitera pas de se révéler à ceux qui le cherchent dans un repentir sincère et vrai. St Paul de même nous dit : « Au nom du Christ nous vous le demandons : Laissez-vous réconcilier avec Dieu. »

Dieu, notre Père, nous a réconciliés avec lui une fois pour toutes. Il nous a donné l’héritage promis dans le Christ en faisant de nous héritiers de sa grâce. Nous sommes devenus donc fils et filles de Dieu à cause de Jésus Christ qui nous a rachetés une fois pour toutes par sa mort et sa résurrection.

Avant d’avancer vers la Pâque, il est bon de jeter un regard de reconnaissance sur notre condition de pécheur racheté par la grâce, afin de pouvoir célébrer d’un cœur libre et sans partage l’immensité de la bonté et de la tendresse de Dieu qui a voulu nous sauver. Il nous a rendu notre dignité d’enfant de Dieu, et c’est dans la confiance que l’enfant a retrouvé sa route, et la maison de son Père ; il peut jouir du vrai bonheur d’une terre promise remplie de paix et de joie. Car « le Royaume de Dieu est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint ».

 

 

Haut

 


 Français   English   Contact   Design  © 2005–2021