>> Les fêtes que nous aimons célébrer

 

 

Les fêtes que nous aimons célébrer

La fête de la Pentecôte

GIF - 35.4 ko
Pentecôte – icône russe

 

Chaque évangéliste a sa façon propre d’évoquer la promesse de Jésus de rester présent dans son Église à travers l’action de l’Esprit Saint qu’il enverrait aux disciples après son retour définitif vers le Père.

Matthieu 28,19

Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde.

Luc 24, 49

Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut.

Jean 14, 25-26

Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

Et 16,7 ; 12-15

Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.
(…)
J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir. Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous le dévoilera. Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous le dévoilera.

Seul Marc n’en parle pas explicitement, mais les chrétiens ou les catéchumènes auxquels il s’adresse savent bien d’expérience que les miracles qu’il mentionne (16, 17–18), c’est l’Esprit seul qui les réalise parmi eux.

Deux évangélistes racontent ensuite le don effectif :

Pour Jean, tout se passe peut-être déjà au moment de Jésus sur la croix (que Jean considère comme l’entrée dans la gloire).

En effet, certains interprèteront le v. 30 du chapitre 19 - « Jésus dit : C’est achevé et, inclinant la tête, il remit l’esprit. » comme la « remise » de l’Esprit à l’Église sur le point de naître du côté transpercé du second Adam endormi sur la croix, tout comme Ève est née du côté de premier Adam dans le jardin.

Mais même en n’acceptant pas cette interprétation, ce qui est certain c’est que l’esprit promis est effectivement DONNÉ par Jésus lui-même lors de la première apparition du Ressuscité aux apôtres réunis. Là, Jean ne peut pas être plus explicite !

«  Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après avoir dit cela, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint.  »

C’est que, on vient de le dire, la mort de Jésus est déjà son exaltation à la droite du Père, et tout « l’événement pascal » que Luc raconte sur la durée de 50 jours, est pour Jean un acte unique théologiquement parlant.

(Cela dit, Jean connaît cependant lui aussi une dimension de temps ! Les chapitres 20-21 en sont une preuve suffisante.)

Luc, donc, lui, prend soin de raconter le don de l’Esprit au début des Actes des Apôtres. Là aussi, l’intention est théologique : c’est l’Église qui naît, grandit, s’étend à travers tout le monde alors connu, « à partir de Jérusalem ». Son texte est une catéchèse qui intègre tous les éléments traditionnels que nous trouverons éparpillés à travers les divers écrits du Nouveau Testament : L’Église rassemblée en prière, présence de Marie la mère de Jésus, l’appel au repentir et l’annonce du pardon…

Don de l’Esprit est inséparable de l’envoi vers les autres pour porter cette bonne nouvelle du pardon accordé à tous.

L’Esprit et l’Épouse-Église invitent à la joie, dans l’attente ardente et priante da le venue en gloire de l’Époux.

Et c’est aussi la conclusion du livre de l’Apocalypse, que la liturgie nous fait lire tout au long du temps pascal à l’office des Lectures :

Moi, Jésus, j’ai envoyé mon Ange publier chez vous ces révélations concernant les Églises. Je suis le rejeton de la race de David, l’Étoile radieuse du matin. L’Esprit et l’Épouse disent : Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! Et que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement.

Oui, mon retour est proche ! Amen, viens, Seigneur Jésus !

GIF - 16.4 ko
Pentecôte – enluminure

 

 

Quelques textes de l’Écriture … parmi beaucoup d’autres

Dons de l’Esprit, par le Père Marie Eugène, ocd

Et qu’en disent nos frères orthodoxes ?

 


Quelques textes… parmi beaucoup d’autres…

 

Isaie 11

Un rejeton sortira de la souche de Jessé,
un surgeon poussera de ses racines.
Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur,
esprit de sagesse et d’intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur.

1 Cor 12 1-11

Pour ce qui est des dons spirituels, frères, je ne veux pas vous voir dans l’ignorance. Quand vous étiez païens, vous le savez, vous étiez entraînés irrésistiblement vers les idoles muettes. C’est pourquoi, je vous le déclare : personne, parlant avec l’Esprit de Dieu, ne dit : « Anathème à Jésus », et nul ne peut dire : « Jésus est Seigneur », s’il n’est avec l’Esprit Saint. Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous. A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun. A l’un, c’est un discours de sagesse qui est donné par l’Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; à un autre la foi, dans le même Esprit ; à tel autre les dons de guérisons, dans l’unique Esprit ; à tel autre la puissance d’opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui l’opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l’entend.

Ga 5 13-26

Mes frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais, que cette liberté ne devienne pas prétexte pour la chair, mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres. Car une seule parole contient toute la Loi en sa plénitude : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde de ne pas vous détruire mutuellement. Je vous le dis : laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle. Car la chair convoite contre l’esprit et l’esprit contre la chair et il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez. Mais si l’Esprit vous fait vivre, vous n’êtes plus sous la Loi. On sait bien ce que produit la chair : adultère, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haine, discorde, jalousie, emportements, disputes, schismes, envie, orgies, ripailles et autres choses semblables ; je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent ces choses-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu. Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, gentillesse, serviabilité, bonté, confiance faite aux autres, douceur, maîtrise de soi. Contre ces choses il n’y a pas de loi. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous conduise. Ne cherchons pas la vaine gloire, par des provocations, envie et jalousie.

 

 

 

 

Les dons de l’Esprit

par le Père Marie Eugène, ocd, dans « Je veux voir Dieu »

Isaïe énumère sept esprits ou plutôt sept formes de l’Esprit de Dieu qui reposent sur le Messie : « esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété, et la crainte de Dieu ». La théologie, à la suite de saint Thomas, a vu dans ce septénaire sacré à la fois la plénitude de l’Esprit divin qui repose sur le Christ et l’énumération de sept dons du Saint-Esprit distincts.

La distinction des dons, comme celle des vertus, repose sur la distinction de leur objet propre. Le don de sagesse pénètre dans les vérités divines non pour dissiper leur obscurité essentielle, mais pour les savourer grâce à l’union sympathique et cordiale que crée la charité.

Le don d’intelligence , don d’intuition pénétrante du divin, donne le sens du divin à travers les objections et obstacles qui le dissimulent, maintient l’âme paisible sous la clarté aveuglante du mystère et fait briller des lumières distinctes sur les objets secondaires de la foi, à savoir ce qui est ordonné à la manifestation du mystère, à sa crédibilité et à sa vertu régulatrice des moeurs.

Le don de science éclaire les choses créées dans leurs rapports avec la vérité divine, et les juge sous la lumière que cette vérité projette sur elles.

Le don de conseil intervient dans les délibérations de la prudence pour les éclairer d’une lumière qui indique la décision à prendre.

Le don de piété fait rendre à Dieu les devoirs qui lui sont dus comme à un père aimant.

Le don de force assure la puissance pour triompher des difficultés qui s’opposent à l’accomplissement du bien.

Le don de crainte crée dans l’âme l’attitude respectueuse et filiale commandée par la transcendance de Dieu et sa qualité de Père.

Parmi ces dons,

  • quatre sont intellectuels : la sagesse, l’intelligence, la science et le conseil.
  • trois volontaires : la force, la piété et la crainte de Dieu.
  • trois sont contemplatifs : la sagesse, l’intelligence et la science ;
  • quatre sont actifs : le conseil, la force, la piété et la crainte.

La théologie s’est plu à chercher les relations des dons avec les vertus, avec les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit. C’est ainsi que la sagesse s’unit à la charité, l’intelligence et la science à la foi, la crainte de Dieu à l’espérance, la piété à la justice, la force à la vertu de force, le conseil à la prudence.

La paix et la béatitude des pacifiques appartiennent à la sagesse. La béatitude des coeurs purs et le fruit de la foi appartiennent au don d’intelligence. La béatitude beati qui lugent (bienheureux ceux qui pleurent) est propre au don de science, tandis que la béatitude des miséricordieux suit le don de conseil, et que le don de piété reçoit soit la béatitude des doux (saint Augustin), soit celle des miséricordieux et de ceux qui ont faim (saint Thomas). Au don de force conviennent la patience et la longanimité, et au don de crainte les fruits que sont la modestie, la continence et la chasteté.

 

 

Haut

 


 Français   English   Contact   Design  © 2005–2021