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Les fêtes que nous aimons célébrer

L’Ascension

L’Ascension est le sceau de toutes les fêtes du Seigneur, affirme st Épiphane, évêque de Salamine au 4e siècle. Et il continue :

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Icône de l’Ascension

Aujourd’hui, le Christ ouvre la porte des cieux ruisselants de lumière.

(…) Ce bon Pasteur qui avait laissé sur les montagnes les quatre-vingt-dix-neuf brebis, qui sont les anges, pour venir chercher la brebis perdue, la ramène aujourd’hui sur ses épaules et s’écrie : « Père, j’ai retrouvé la brebis que le serpent avait trompée. Sur les chemins où elle errait, je l’ai trouvée souillée par le péché, mon amour l’a relevée, je l’ai lavée dans le Jourdain et ointe de l’Esprit. Me voici, ressuscité, pour T’offrir ce don digne de Ta divinité, la brebis retrouvée.  » (…)

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Croix traversée de lumière

De son côté, une Église d’Orient chante :
L’Église qui a vu son Époux dans la gloire
A oublié les souffrances du Golgotha.
Au lieu de la Croix qu’il portait alors,
C’est une nuée lumineuse qui Le porte.
Le voici qui s’élève vêtu de splendeur et de majesté.
(…)
Il était descendu pour chercher Adam,
Et l’ayant retrouvé Il le porte sur ses épaules,
Avec gloire Il le fait entrer dans les cieux.
Il est venu, et s’est montré comme étant Dieu ;
Il a revêtu un corps, et s’est montré comme étant homme ;
Il est descendu aux enfers, et c’est montré comme étant mort ;
Il est monté, a été exalté, et c’est montré comme étant grand.
Bénie soit son exaltation !
Au jour de sa naissance, Marie s’est réjoui.
Au jour de sa mort, la terre trembla.
Au jour de sa résurrection, les enfers s’affligèrent.
Au jour de son Ascension, les Cieux exultèrent :
Bénie soit son Ascension !

Et pourtant, cette fête semble quelque peu embarrasser l’homme croyant aujourd’hui, surtout en Occident. Après tout, qu’ajoute-t-elle de neuf au message pascal ? Comment la comprendre ? Est-ce là une simple « transition pédagogique » d’un Jésus obligé de rester quelque temps (le chiffre de 40 jours étant de toute évidence symbolique) avec les siens qui ne comprennent pas et même doutent de sa Résurrection ? Es-ce un récit purement symbolique ? Mais dans ce cas, quel est son message ? Est-ce au contraire un événement réel, en quelque sorte « historico-théologique » sans lequel manquerait quelque chose au Mystère pascal ? Pourquoi ce délai, enfin, entre la résurrection et l’exaltation du Christ dans la gloire ? Voici quelques unes des questions du chrétien moderne - lorsqu’il s’en pose encore !

Le « Catéchisme de l’Église catholique » qui en deux petites pages très denses - et très belles d’ailleurs - au sujet de l’Ascension, cumule un nombre impressionnant de citations et d’allusions bibliques, semble ne conforter que ceux qui sont déjà convaincu : il n’explique pas, il atteste…

Catéchisme - Ascension

Mais j’ai trouvé chez un des plus grands théologiens français du 20e siècle, François Varillon, SJ, une tentative d’explication (si tant est qu’un mystère aussi profond puisse être « explicable ») tellement belle et… convaincante que j’ai envie d’en partager un peu.

Tout d’abord il précise une chose importante : Il est impossible (malgré des efforts qui ont été faits dans ce sens) de contester l’origine lucanienne du texte, ainsi que son enracinement dans une tradition solide.

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La lumière …

Mais Luc ne centre pas son récit sur l’entrée dans la gloire du Ressuscité : nulle description grandiose du type théophanique, mais au contraire une grande sobriété et même brièveté du récit montrent que son but est ailleurs ; le Christ - déjà en possession de sa gloire de par la Résurrection - inaugure pour les siens (et pour le monde) un nouveau type de présence destiné à durer jusqu’à la Parousie, une présence qui n’est pas moins réelle, mais reste hors d’atteinte pour les sens. Cette forme de présence est par ailleurs la condition sine qua non pour le don public et solennel de l’Esprit au jour de la Pentecôte (cf. Jean 16, 7 : C’est votre intérêt que je parte, car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous. Mais si je pars, je vous l’enverrai.)

(Mais la preuve que Jésus est déjà glorifié dans sa résurrection est, qu’au soir même il donne dèjà aux disciples rassemblés au cénacle les arrhes de l’Esprit de façon « privée » en quelque sorte).

En somme, deux moments seraient à distinguer :

  • Au jour de la Résurrection, l’exaltation invisible mais réel du Christ montant auprès du Père.
  • La manifestation visible de cette exaltation qu’il accorde ensuit à ses disciples (et à eux seuls) avant de les quitter définitivement, du moins de façon sensible ; car l’affirmation de Matthieu dans la finale de son évangile reste valable : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps. »

Mais le temps que Jésus passe, entre les deux événements, avec ses proches n’est pas superflu ! Il manifeste une réalité nouvelle : le corps du Ressuscité, bien que transformé, ou mieux, transfiguré, est bien un corps réel (il mange, il invite Thomas à le toucher…). Et ce corps est désormais présent dans la divinité même. Par le même fait il est le gage de notre propre « transfiguration » (les Pères de l’Église diraient divinisation) qui sera, à vrai dire la transfiguration de la création toute entière à la fin des temps, comme l’affirme Paul :

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Fleur dans les rochers

« Nous le savons en effet : la création entière gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédonsfleur dans les rochers les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi dans l’attente de la rédemption de notre corps, car notre salut est objet d’espérance. Or voir ce qu’on espère, ce n’est plus l’espérer ; ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance. » (Rom 8, 22-24).

 

 

Mais c’est là le seuil où toute réflexion s’arrête et au-delà duquel la foi seule pénètre…

 

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La lumière perce les ténèbres
 

 

 

 

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