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Le pays et nous

Fêtes juives

Rosh ha Shana

Yom Kippour

Sukkot

Pessah

Fête de Shavouot


« Ce mois sera pour vous en tête des autres mois, il sera pour vous le premier mois de l’année. » (Exode 12, 1)

Les « débuts d’année » dans le Judaïsme

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Une synagogue à Jérusalem

En réalité, l’année liturgique juive connaît plusieurs « débuts d’année ».

Le premier, celui qui commence « officiellement » une année nouvelle, est la fête de Roch ha Chanah, littéralement « la tête de l’an ». Elle est suivie de toute une série des fêtes appelées globalement « la convocation d’automne ».

Le deuxième, fête, mineure certes, mais qui n’est pas sans importance, et Tou bichevat, ou « le nouvel an des arbres ».

Vient enfin la fête sans doute la plus connue des non-juifs, la fête de la Pâque, ou Pessah.

Et, bien entendu, tout au long de l’année il y a d’autres fêtes ! Nous allons les découvrir ensemble au fur et à mesure qu’elles approcheront. Mais déjà, quelles sont-elles ?

Tout d’abord, les « fêtes austères » de ROCH HA CHANAH et de KIPPOUR, d’origine biblique.

Elles s’épanouiront dans la joie de la fête de SUKKOT et surtout de SIMHAT-TORAH (la joie de la Torah), le dernier jour de la Convocation d’automne.

Sukkot est la troisième des « fêtes de pèlerinage » qui remontent elles aussi aux temps bibliques, alors que tout le peuple montait en caravanes à Jérusalem pour célébrer la fête au Temple. Et c’est la seule de fêtes majeures qui n’a pas d’équivalent dans la liturgie chrétienne.

Les deux autres fêtes de pèlerinage sont en général connues des chrétiens ; ce sont PESSAH (Pâques) et CHAVOUOT (la fête des Semaines, Pentecôte). La synagogue et la demeure familiale remplacent aujourd’hui le Temple détruit.

Viennent ensuite quelques fêtes mineures, qui n’en sont pas moins populaires :

HANOUKAH, fêtes des lumières, qui rappelle la victoire des Macchabées sur les Grecs (2e siècle avant J.C.) et la purification du Temple reconquis. Elle se célèbre au mois de décembre. Ce n’est pas une fête chômée.

POURIM, qui célèbre la délivrance des juifs de Perse grâce à l’intervention de la reine Esther. Ce n’est pas non plus une fête chômée. Elle est célébrée en mars - avril.

Et, déjà évoqué plus haut, le Nouvel An des arbres, habituellement en février.

Mais la place primordiale revient bien entendu au SHABBAT qui revient chaque semaine, visite sainte de Dieu à ses enfants, accueillie dans la joie et la reconnaissance, repos bienfaisant qui vient re-dynamiser toute une semaine de travail et de soucis et refaire les forces spirituelles des fidèles. Nous lui consacrerons aussi une page.

Reste à rappeler que le calendrier du judaïsme est une combinaison savante du calendrier lunaire et solaire, ce qui fait que les fêtes n’ont pas de date fixe. Elle sont situées cependant en gros à la même époque de l’année, grâce à un correctif (l’équivalent de notre année bissextile), qui intercale, certaines années, un mois supplémentaire (mois d’Adar, au printemps) ; ces années-là sont appelées années embolismiques. Sur le cycle de 19 ans, elles représentent sept années.

Il y a enfin dans le judaïsme ce que l’on pourrait appeler par analogie « des temps forts » : ainsi le mois d’Eloul, qui prépare aux fêtes de la « convocation d’automne », et le compte d’Omer, entre Pessah et Shavouot. Nous en parlerons aussi en leur temps.

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Coupe pour le kidouch

 

Roch ha Shana, Jour de l’An juif



Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. (Genèse)
… le Jour de l’Éternel, jour grand et redoutable. (Malachie)

La création - le Jugement

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Le mur occidental du temple




Deux réalités auxquelles la plupart des hommes ne pensent guère.

Entre les deux se déroule toute l’histoire du monde et de l’humanité, l’aujourd’hui passionnant et angoissant.

Mais l’homme juif, lui, se souvient.

La fête de Roch ha Chanah, Nouvel An du peuple juif, commémore la création du monde et rappelle que ce monde aura une fin.

Elle ouvre le temps des autres fêtes de la « Convocation d’Automne », Kippour et Sukkot, qui se terminera avec Simhat-Torah, la joie de la Torah.

L’année juive commence au 7e mois, le mois de Tichri, et dure deux jours. Elle se situe généralement entre la 2e quinzaine de septembre et la 1re semaine d’octobre.

Contrairement à ce qui se passe ailleurs, cette fête est austère. Elle ouvre la série des « jours redoutables », yamim ha noraïm, où Dieu juge son peuple ; jugement qui sera rendu 10 jours plus tard, à Yom Kippour (ou Yom ha kippourim) jour de l’Expiation, jour le plus saint de l’année.

On y célèbre aussi l’anniversaire de la Création du monde, sans laquelle il n’y aurait pas le temps de l’homme : unir ainsi Jugement et Création c’est, dès le départ, introduire une note de confiance, car si c’est notre Créateur qui nous juge, lui qui a fait toutes les choses de ce monde bonnes et qui en a donné jouissance à l’homme, nous pouvons espérer en sa miséricorde.

Cette fête est biblique. Dans le Pentateuque elle est désignée par 3 termes :

* Chabbaton, jour de repos solennel.
* Zichron terouah, jour du souvenir, proclamé par la sonnerie du chofar (corne de bélier au son grave et triste)
* Yom terouah, jour où l’on sonne du shofar.

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Sonnerie du shofar

Le Seigneur parla à Moïse et dit : parle aux enfants d’Israël et dis-leur : le 1er jour du 7e mois, il y aura pour vous un jour de repos, appel en clameur. Vous ne ferez aucune oeuvre servile ; ce sera une convocation sacrée et vous offrirez un sacrifice à Dieu. (Lév. 23,23-25)

Le 7e mois, le 1er jour du mois, vous aurez une sainte convocation. Vous ne ferez aucune œuvre servile ; ce sera pour vous le jour des Acclamations. Vous ferez un holocauste en parfum d’apaisement pour le Seigneur… (Nb 29,1-6)

La destruction du Temple a supprimé les sacrifices d’animaux ainsi que la fonction de grand prêtre mais non « l’appel en clameur », allusion aux nombreuses sonneries de chofar - il y en aura jusqu’à 100 pendant le service religieux. D’après Maïmonide (mieux connu en Israël sous son acronyme RAMBAM), cette injonction biblique est faite pour que chacun des fidèles soit entraîné à se repentir de ses péchés.

« Réveillez-vous dormeurs ! Pesez donc tous vos actes. Souvenez-vous de votre Créateur. Abandonnez vos actions mauvaises et revenez à Dieu  ».

Un peu plus tard cette fête recevra deux autres appellations qui renforcent son caractère spécial. Yom Ha Din (jour du jugement), et Yom Ha Zikaron (Jour où Dieu se souvient… de ses créatures, pour les juger). Selon une tradition rabbinique, ce n’est pas seulement Israël, mais toute l’humanité qui défile sous le regard de Dieu ce jour-là.

Les livres sont ouverts : le verdict définitif sera rendu à Kippour, d’où la nécessité pour chacun de faire un examen de conscience qui se prolongera pendant les dix jours qui séparent Roch Ha Chanah de Kippour et se traduira par les demandes de pardon des fidèles : les SLIHOT.

Nous retrouvons là autant l’atmosphère du Livre de Daniel : « Le jugement se tenait, les Livres étaient ouverts » (Dan 7,10), que celle de l’Apocalypse de Saint Jean : « Je vis un Livre blanc très grand et Celui qui siège sur le Trône ; le ciel et la terre s’enfuirent devant Sa face sans laisser de traces, et je vis les morts grands et petits debout devant le Trône ; on ouvrit les Livres, puis un autre Livre, celui de la Vie ; alors les morts furent jugés d’après le contenu des Livres, chacun selon ses œuvres. » (Ap 21)

St Paul, lui, parle avec force de la trompette du jugement dernier dans la 1re épître aux Corinthiens : « Je l’affirme, frères, la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l’incorruption. Oui, je vais vous dire un mystère, nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. En un instant, en un clin d’oeil, au son de la trompette finale, car elle sonnera, la trompette, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. » (1 Co 15, 50-52)

Ce jour-là le blanc, symbole de pureté et de purification est de rigueur à la synagogue ; la tenture protégeant l’Arche Sainte, ainsi que les nappes recouvrant le lutrin et les rouleaux de la Torah sont généralement d’un blanc immaculé. Le rabbin, le chantre, celui qui sonnera le chofar ainsi que certains fidèles arborent des robes blanches.

Certains ont coutume de se rendre au bord d’une rivière, de la mer ou de toute autre étendue d’eau pour y jeter symboliquement tous leurs péchés, en évocation du Livre de Michée : « Quel » est le Dieu comme Toi qui enlève la faute, qui pardonne le forfait, qui n’exaspère pas pour toujours sa colère, mais qui prend plaisir à faire grâce. Une fois de plus, aie pitié de nous, foule aux pieds nos fautes, jette au fond de la mer tous nos péchés." » (Mi 7,18-19)

Et pour qu’une note de joie ne manque pas à la fête, on la termine en se souhaitant - comme dans tous les pays du monde - santé, réussite, paix … et une année pleine de douceur, ce qui sera symbolisé différemment selon les cultures et les coutumes, car depuis des millénaires le peuple juif est présent dans toutes les nations du monde. Mais la coutume la plus connue, la plus répandue, d’origine ashkénaze, est de manger ce jour des quartiers de pommes trempés dans du miel pour que l’année soit « douce et bénie ».

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Grenade, fruit typique de Roch ha Shana

On a aussi l’habitude d’offrir aux amis et voisins toutes sortes de fruits.

Alors, bonne année,

SHANA TOVA !

 
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Bouquet de fruits



Yom Kippour, Jour du Pardon

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En route pour la prière


Les dix jours de pénitence, « jours redoutables » (yamim ha noraïm), nous conduisent de la fête de Roch Ha Chanah au Yom Kippour ou Yom Ha Kippourim, Jour des Expiations, Jour du Pardon, ce jour où Dieu « couvre » les péchés de son peuple.

La Torah précise que tous les enfants d’Israël, hommes et femmes (à partir de 12 ou 13 ans, l’âge de la maturité religieuse), sont tenus de l’observer. Et, en effet, beaucoup de personnes qui ne vont pas habituellement à la synagogue y vont ce jour-là : il s’agit en effet du jour le plus sacré du judaïsme.

L’observance de Kippour comporte deux aspects :
Tout d’abord, c’est une journée de jeûne intégral, abstinence totale de boisson et de nourriture depuis le coucher du soleil la veille, jusqu’à la tombée de la nuit le lendemain. Et, chose remarquable, parmi tous les jours de jeûne, il est le seul à n’être jamais remis, même s’il tombe le shabbat.

L’abstinence de nourriture et de boisson sont des moyens pour s’humilier devant Dieu. C’est ainsi, d’ailleurs, que Dieu lui-même a agi au désert envers son peuple : « Souviens-toi » des marches que le Seigneur ton Dieu t’a fait faire pendant 40 ans dans le désert : il t’a humilié, il t’a fait sentir la faim…  » (Deut 8, 2-3).

D’autres pratiques de pénitence s’ajoutent, comme p. ex. ne pas se laver ce jour-là, en signe de deuil. Cependant, la miséricorde prime : ainsi le malade, la femme enceinte pourront être dispensés du jeûne… et la jeune femme mariée depuis moins d’un mois est autorisée à faire sa toilette pour ne pas déplaire à son mari !

Le second aspect a lieu au cours de l’office à la synagogue : c’est la confession, publique et « solidaire », des péchés commis, par l’individu ou par la communauté, ainsi que les supplications pour obtenir leur pardon. Tout au long de la journée on va égrainer la litanie des péchés habituels aux hommes en disant « nous » : Nous avons été rebelles à ta volonté… nous avons été orgueilleux… nous avons menti… nous avons trompé, opprimé notre prochain…

Mais il ne s’agit pas là d’une démarche purement formelle. Le pardon de Dieu n’est accordé qu’à la condition qu’on ait d’abord sollicité celui de la personne vis à vis de laquelle on a péché. Même les défunts sont inclus dans la démarche de pardon : en effet, le coupable est obligé d’aller, accompagné de témoins, demander le pardon sur la tombe de celui qu’il avait offensé !

Cependant là encore, la miséricorde passe avant tout : si quelqu’un est vraiment trop honteux pour aller demander pardon lui-même, ou s’il a quelques craintes pour l’obtenir, il est autorisé à passer par l’intermédiaire d’un ami qui acceptera se charger de la démarche. De plus, celui qui refuserait le pardon sollicité se verrait lui-même exclu du pardon divin.

Les Juifs pieux utilisent en général les Jours redoutables pour ces démarches de pardon, et certains prennent un bain rituel avant le début du jeûne pour parfaire la purification, alors que d’autres passent la nuit en prière, en récitant parfois tout le livre des psaumes.

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Le tabernacle (qui contient les rouleaux de la Torah)

Enfin le cœur prêt, on se présente devant Dieu. Comme à Roch ha Chanah, le tabernacle (Aron ha kodesh) et les rouleaux de la Torah sont recouverts de blanc et les officiants portent des vêtements blancs en signe de purification. Les hommes sont enveloppés de leur talith, châle de prière.

Cinq offices de prière ont lieu ce jour. Le premier, la veille au soir, est celui de Kol Nidré, appelé ainsi à cause de la prière par laquelle on demande à Dieu d’annuler tous les vœux faits de façon irréfléchie ou trop hâtivement. Le dernier, la Neïlah, rappelle que la dernière occasion de repentir sincère est offerte. A son issue le shofar sonne pour indiquer la fin du jeûne.

Les prières se succèdent. La très belle prière Avinou Malkénou (Notre Père et notre Roi), qui avait accompagné les jours de pénitence, y voisine avec les confessions et les supplications pour obtenir le pardon, les méditations, et les psaumes de bénédiction et de louanges. La parole de Dieu rappelle le sacrifice d’Abraham, le rituel de l’expiation tel qu’il fut pratiqué aux temps bibliques dans le sanctuaire du désert, puis au Temple de Jérusalem (cf. Lév. 16) , la conversion de Ninive dans le livre de Jonas, et enfin le passage bien connu du prophète Isaïe sur le jeûne qui plaît à Dieu.
Au dernier office, la Neïlah, on récite le Shema Israël, on proclame sept fois : le Seigneur, c’est Lui qui est Dieu et enfin on chante l’hymne Ptah lanou Chaar, (Ouvre nous la porte). Enfin, chaque famille se regroupe sous le talith déployé au-dessus des têtes pour y recevoir la bénédiction finale.

Les enfants (et parfois aussi les adultes) commencent alors à trépigner en attendant le shofar qui mettra fin au jeûne, et déjà sur le pas de porte de la synagogue, les fidèles commencent à partager quelques douceurs que les femmes ont eu soin d’apporter avec elles.

On l’a dit, le Yom Kippour a toujours été la fête la plus largement observée par les Juifs, y compris par ceux qui n’ont pas de pratique religieuse habituelle le reste de l’année. En Israël, tous les lieux de divertissement et de restauration publics restent fermés pendant plus de 24 heures, les stations de radio et de TV arrêtent leurs émissions. Pour les plus religieux, pour les sages, ce jour est la plus grande fête, jour de joie tant pour Dieu heureux de donner son pardon à ses enfants que pour les pécheurs pardonnés heureux de retrouver l’amitié de leur Père.
Et, à son issue, les plus fervents commencent parfois déjà à bâtir leur sukkah…

Qui a participé, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, à tous les offices de la fête dans la componction du cœur et la fatigue physique mais aussi dans la joie de s’être rapproché tant soit peu du Dieu d’infinie sainteté et miséricorde ne l’oubliera plus.

La fête de Sukkot

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Une rue de Jérusalem pendant la fête de Sukkot



La fête de Sukkot - des « cabanes » ou des « tentes » - est la troisième fête biblique (Dt 16, 13) de pèlerinage.
Elle dure une semaine, du 15 au 21 Tishri.

Comme c’est le cas pour d’autres fêtes, elle réunit un aspect ancien, d’origine agricole, représenté essentiellement par la prière pour la pluie si vitale dans notre pays, et le mémorial de l’histoire sainte du peuple d’Israël : la fragilité et la précarité de la sukkah rappelle en effet la longue marche du peuple de Dieu à travers le désert vers la terre promise.

Présentation de la fête dans un site du judaïsme français

 
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Décor à l’intérieur d’un sukkah

Dans la sukkah, on doit prendre ses repas, et, si le climat le permet, y passer davantage de temps, éventuellement même y dormir. C’est pourquoi on a l’habitude de la décorer à l’intérieur - souvent avec des fruits - pour symboliser un lieu où l’on habite

Savez-vous qu’au temps où le Temple de Jérusalem existait, on offrait en cette fête 70 taureaux en sacrifice pour les 70 nations (le chiffre 70 symbolisant la totalité) ?

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Au marché, on va choisir son palmier, son cédrat…

Aujourd’hui, l’élément symbolique essentiel en est le « loulav », le bouquet de « quatre espèces » (myrte, saule, palmier et cédrat), que tout fidèle porte lors de la célébration à la synagogue, et qui symbolise le peuple d’Israël dans son ensemble, chacune des espèces représentant un type d’homme face à la Torah :

le palmier n’a pas de parfum mais ses fruits sont savoureux ;
la myrte est odorante mais n’a pas de fruit comestible ;
le saule est sans odeur ni fruit ;
le cédrat (ou étrog - une sorte de gros « citron ») porte un fruit savoureux au parfum délicieux.

En ce jour de fête, ils sont tous réunis en solidarité devant Dieu.

La danse avec les rouleaux de la TorahLe point culminant de cette semaine de fête est le jour de « SIMHAT-TORAH », célébrant la joie de la Torah.

En Israël. Ce jour est célébré en même temps que Shemini Atseret (« clôture du 8e jour »), alors que dans la Diaspora les deux fêtes on chacune son jour propre.

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La danse avec les rouleaux de la Toraah

Alors que le « 8e jour » est d’origine biblique, la fête de « Simhat-Torah » est plus tardive. Aucune mitswa - commandement - ne lui est propre : elle est la pure joie de célébrer la Parole de Dieu…

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…pure joie de célébrer la Parole de Dieu
 

La fête de Hanouka

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La hanoukia allumée

ou fête de la Dédicace, est une fête peu connue de chrétiens, peut-être parce qu’elle n’est pas d’origine biblique ; elle est pourtant fort ancienne - elle remonte au temps de Macchabées, à l’année 167 avant le Christ – et elle a une grande importance dans le judaïsme.

D’ailleurs, elle est mentionné dans l’évangile selon Saint Jean, au chapitre 10 : Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon…

Elle commémore la purification du Temple profané par les Grecs sous Antiochus IV Épiphane. On la célèbre en allumant, pendant 8 jours, des lumières pour rappeler le miracle d’huile qui s’est produit alors.

C’est un temps de joie, pendant lequel on ne jeûne ni ne dit des oraisons funèbres.

Il est bon de la connaître mieux, et qui donc serait plus à même de vous y introduire, sinon ceux qui la célèbrent tous les ans avec ferveur ?

 

Pessah

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Plat du Seder, matsot, livre de la Haggadah


Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron au pays d’Égypte :
Ce mois sera pour vous en tête des autres mois, le premier mois de l’année.
Ce jour-là, vous en ferez mémorial, vous le fêterez comme une fête pour le Seigneur, de génération en génération vous la fêterez : c’est un décret perpétuel
. (Exode 12)

Ce jour-là, ou plutôt cette nuit-là, un peuple d’esclaves est sorti vers sa nouvelle destinée pour devenir ce qu’il est, le peuple des fils.

L’événement de l’Exode a non seulement profondément marqué l’histoire et la morale, mais surtout façonné l’identité et la foi du peuple. Même s’il faudra des siècles avant que les prophètes d’Israël commencent à proclamer que l’élection est non seulement une grâce, mais aussi une mission : celle de faire connaître le Dieu unique à tous les peuples et les inviter à L’adorer et le servir.

Tous les peuples, oui. Mais n’empêche que « mon fils premier-né, c’est Israël » dit le Seigneur à Pharaon. Et, à moins de vendre son droit d’aînesse pour une bouchée de biens périssables comme le fit Ésaü, lorsque l’on est le fils aîné, on l’est pour l’éternité.

Voilà pourquoi, de génération en génération, après que, au commencement du Seder (repas liturgique pascal), le père de famille ait présenté le plat des matsot (galettes de pain sans levain) en disant :

Voici le pain de misère que nos pères mangèrent en Égypte. Que celui qui a faim vienne et mange…,

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Plat de matsot

le plus jeune des enfants pose la même question rituelle :

Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ?

Et reçoit la même réponse rituelle :

C’est que nous étions esclaves du Pharaon en Égypte, et l’Éternel, notre Dieu, nous a faits sortir de ce pays d’une main forte et d’un bras étendu. Et si le Saint, Béni soit-Il, n’avait pas sorti nos pères d’Égypte, alors nous serions encore, nos enfants et nos petits-enfants restés esclaves du Pharaon en Égypte. Aussi, même si nous étions tous des sages, intelligents, instruits de la Torah, il serait encore de notre devoir de nous entretenir de la sortie d’Égypte ; et plus on s’entretient de la sortie d’Égypte, plus on est digne de louanges.

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Coupe du kiddouch et la Haggadah

Car :

De génération en génération, chaque Israélite doit se considérer comme si lui-même, il était sorti d’Égypte, comme il est dit : « Tu raconteras à ton fils, en ce jour-là, ceci : C’est pour cela que l’Éternel a agi ainsi pour moi lorsque je sortis d’Égypte ».

Ce n’est pas seulement nos pères que le Saint, béni soit-Il, a libérés d’Égypte, mais Il nous a libérés nous aussi avec eux, comme il est dit : «  C’est nous qu’Il sortit de là-bas, pour nous emmener dans le pays qu’Il avait promise à nos pères ».

C’est pourquoi c’est notre devoir de remercier, de louer, de glorifier, d’exalter, d’adorer, de bénir, de célébrer et d’honorer Celui qui a fait ces miracles pour nos pères et pour nous tous. Il nous a faits passer de l’esclavage à la liberté, de la tristesse à la joie, et du deuil à la fête, des ténèbres à la lumière, et de la servitude à la liberté. Chantons Lui donc un cantique nouveau : Halleluiah – Louez Dieu !

Pour en savoir plus sur la fête de Pessah

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Bougies de fêtes allumées
 

La fête de Shavouot ou fête des Semaines (Pentecôte)

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Épis de blé dans un champ

Cette fête est – du moins pour nous chrétiens qui essayons de comprendre – la plus paradoxale de toutes les fêtes juives :

* Tout d’abord, la Torah n’en dit pas lourd : deux petits passages, plus une phrase pour signaler la fête.

Lévitique 23, 15-21

A partir du lendemain du sabbat, du jour où vous aurez apporté la gerbe de présentation, vous compterez sept semaines complètes. Vous compterez cinquante jours, jusqu’au lendemain du septième sabbat et vous offrirez alors au Seigneur une oblation. Vous apporterez de vos maisons du pain, (…) deux parts de deux dixièmes de fleur de farine cuite avec du ferment, comme prémices pour le Seigneur. En plus du pain vous offrirez sept agneaux d’un an, sans défaut, un taureau et deux béliers comme holocauste pour le Seigneur, accompagnés d’une oblation et d’une libation, en parfum d’apaisement pour le Seigneur Vous offrirez un bouc en sacrifice pour le péché et avec deux agneaux d’un an en sacrifice de communion. (…) Ce même jour vous aurez une convocation, une sainte assemblée, vous ne ferez aucun travail. C’est une loi perpétuelle pour vos descendants, où que vous habitiez.

Deutéronome 16, 9-)11

Tu compteras sept semaines. Quand ta faucille commencera à couper les épis, alors tu commenceras à compter ces sept semaines. Tu célébreras al ors pour le Seigneur ton Dieu la fête des Semaines, avec l’offrande volontaire faite par ta main, selon ce dont le Seigneur ton Dieu t’aura donné. Tu te réjouiras devant le Seigneur ton Dieu, au lieu choisi par ton Dieu pour y faire habiter son nom, toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, le lévite qui est dans ta ville, l’étranger, l’orphelin et la veuve demeurant au milieu de toi.

Pourtant, c’est avec Pessah et Sukkot la troisième fête de pèlerinage : c’est en dire l’importance !

* Ensuite, on ne trouve nulle part dans ces textes la mention du don de la Torah sur le Sinaï, alors que la Tradition orale en fera l’objet principal de la fête.

* Puis, on fait le second jour de la fête la lecture du livre de Ruth, la Moabite convertie au judaïsme, alors que la fête sous-entend l’élection du peuple qui a reçu la Torah au Sinaï…

* Enfin, aucun signe, aucun symbole précis et même aucun rite particulier n’est associé à la fête, comme il en est pour les autres fêtes d’Israël.

Et l’on pourrait continuer à multiplier les paradoxes…

Ajoutons seulement que malgré l’importance de la fête de Shavouot, qu’on continue pourtant à affirmer, c’est celle qui est la moins « pratiquée », du moins quant à la présence à la synagogue.

Qu’en penser alors ? Le mieux n’est-ce pas de laisser nos frères juifs nous l’expliquer eux-mêmes ?

Origines et explication de la fête

Quelques particularités de la fête

 
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Blé mis en gerbes
 
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