Les nouvelles de la Communauté
Décembre 2007
L'année 2007 s'achève, les fêtes de Noël sont à la porte. Le moment est venu pour nous de vous rejoindre partout où vous êtes, sœurs, familles, amis très chers pour partager avec vous un peu de ce que nous avons vécu cette année, une année très riche en événements, en grâces reçues… si riche que nous devrons nous contenter d'un survol un peu rapide.
La vie de notre communauté, tout d'abord : Il y eut des départs au temps normalement prévu, il eut de nouvelles arrivées, il y eut aussi un enracinement définitif dans la terre d'Israël, terre de Jésus et notre communauté du Mont-Carmel. Le visage de notre communauté change : trois sœurs d'Amérique Latine (Pérou et Chili), quatre de Madagascar et une de L'Île Maurice venues en moins d'un an et demi ont fait sérieusement baisser la moyenne d'âge. Voulez-vous savoir notre petit secret ? C'est que depuis plusieurs années, nous confions quotidiennement le soin des vocations à Saint Joseph. Il a d'abord voulu éprouver notre persévérance, mais maintenant, en bon père, il répond royalement ! Heureusement d'ailleurs, car le travail ne maque pas. Oui, c'est autre point positif de cette année : après des années de "vaches maigres" qui ont suivi les reprises des violences en septembre 2000, c'est le flot inespéré des pèlerins, et qui dure depuis plusieurs mois. Les Pères n'arrêtent pas de nous demander des scapulaires, images, dépliants des photos du "berceau de l'Ordre", sachets de terre… plus que nous n'arrivons à fournir ! Ajoutez à cela que pendant presque tout l'été, on avait toutes les semaines des groupes qui venaient dire la messe chez nous – et parfois plusieurs en même temps. Vous imaginez aisément notre joie.
Mais le travail, aussi important qu'il soit, ne doit prendre le pas sur d'autres activités. A vrai dire, rarement une année a été aussi remplie que celle-ci. Tout d'abord, pour ce qui concerne plus directement le Carmel : Nous avons consacré pas mal de réunions de partage au thème proposé par l'Ordre pour cette année : l'obéissance. Nous avons aussi des conférences ou réunions de partage presque hebdomadaires avec le P. Flavio ocd, notre supérieur et l'assistant de l'Association. Nous avons consacré du temps à Elisabeth de la Trinité, et surtout avons eu une très belle célébration de la clôture de son année grâce à la participation de plusieurs communautés religieuses de Haïfa.
Et, puisque nous en sommes à évoquer les fêtes, un moment communautaire fort avait été la célébration, le 8 septembre, des 50 ans de profession religieuse de notre sœurs Marie du Saint Esprit, célébration où était présente presque toute sa famille ainsi qu'un bon groupe d'amis, venu tout exprès d'Italie.
Nous avons aussi pu profiter des initiatives de l'Association. Ainsi, Sœur Denise Lavois, missionnaire en Afrique depuis pas mal d'années, et "spécialisée" dans le domaine de psychologie religieuse, relations, épanouissement… et bonne humeur autant que possible permanente, est passée dans nos quatre carmels pour animer une petite session. On ne s'est pas ennuyées ! Mais si la détente était au rendez-vous tout au long, ce n'était pas au détriment du travail sérieux : pour ne prendre qu'un exemple concret, dire chacune, et à chaque sœur de la communauté personnellement, deux qualités qu'on apprécie chez elle tout particulièrement peut être une "découvert" inattendue de l'autre ! Et que dire donc du "pousser les murs", réellement et à bout de bras, pour se détendre si l'on a une raison d'être énervée ? Une variante appréciable du "pleurer dans la coquille" de la petite Thérèse. Nous avons tellement aimé cette session que nous allons revoir Sœur Denise en 2008, cette fois pour une retraite.
D'autres initiatives heureuses de l'Association : une session des sœurs soit jeunes d'âges, soit arrivées dans le pays depuis moins de 5 ans. Session qui s'est terminée par une journée de pèlerinage en Galilée : Tibériade, Capharnaüm, Nazareth – où toutes furent invitées ; l'élaboration d'un CD sur le Carmel en Terre Sainte "entre la naissance et l'avenir" que nos sœurs Joséphine (du Mont-Carmel) et Anne Françoise (de Bethléem) porteraient en France où elles étaient invitées pour l'assemblée fédérale du Midi. Ce travail était une belle réussite de collaboration entre nos 4 monastères. Mais la plus belle réalisation était l'inoubliable "Journée de la Règle", avec une messe solennelle sur les lieux de nos origines, près de la source d'Elie, journée dont nous vous joignons le compte-rendu.
Et au soir même de cette mémorable journée arrivait le P. Maurice Gilbert SJ pour la retraite communautaire qui commençait le lendemain matin. Retraite remarquable dont nous garderons le souvenir!
Mais notre effort tout particulier de cette année a porté sur ce que nous pourrions appeler un petit début d'inculturation. Certes, la session qu'est venue nous faire le P. Georges Maurice, de Grenoble, sur l'approfondissement de la connaissance du judaïsme (cette année son sujet était le Messie) est désormais traditionnelle, depuis plusieurs années ; de même la rencontre avec Abouna Shoufani qui vient nous parler de ses activités, surout pour la paix. Mais il s'y est ajoutée cette année une autre petite session toute à fait passionnante, par Sœur Abraham, ermite à Jérusalem, sur les Églises de notre pays, par un biais très personnel des relations qu'elle a avec ces Églises, et plus particulièrement avec l'Église éthiopienne. Nous avons aussi rencontré Mgr Marcuzzo, évêque de la Galilée, et le P. Cyrille ocd, Égyptien, notre jeune curé de la Paroisse Latine de Haïfa, qui tous les deux nous ont partagé leurs joies, leurs espoirs et leurs préoccupations pour la part de l'Église locale qui est la leur. Mais surtout, un petit groupe de sœurs a commencé à apprendre l'arabe avec une jeune chrétienne de Haïfa. (Pour le moment, nous nous contentons de l'arabe parlé, déjà plutôt difficile, même si des plus jeunes rêvent d'apprendre aussi à lire et à écrire.)
Et, puisque nous en sommes au chapitre des langues, il faut dire que nous continuons aussi à soutenir notre effort pour l'anglais, langue non seulement absolument indispensable dans notre pays, mais encore très souhaitable pour l'avenir de nos communautés, puisque nous ne pouvons plus guère espérer de vocations du monde francophone et que l'anglais devient langue de communication pour les jeunes du monde entier. Nos jeunes font donc – avec fruit – l'effort pour retrouver les souvenirs de leurs années d'école, alors que les progressantes du "moyen-âge" (pardon : d'âge moyen !) on suivi cet été, sur place, une session intensive de 2 mois, animée par une amie bénévole. Depuis, nous avons une messe hebdomadaire (avec homélie, s'il vous plaît !) et none du dimanche en anglais, en espérant arriver progressivement à faire davantage. Et lorsque un groupe d'Israéliens vient nous interroger sur notre vie – ce qui arrive maintenant assez régulièrement – nous sommes de plus en plus nombreuses à pouvoir y participer.
Voilà donc les richesses de notre année. Mais il faut dire que les épreuves sérieuses n'ont pas manqué non plus, essentiellement épreuves de santé qui n'ont épargné ni les anciennes, ni les jeunes. Ainsi, nous avons bien cru, au début de cette année, perdre une de nos aînées ; on a dû la faire hospitaliser en pleine nuit et au dire même des médecins israéliens qui l'ont soignée c'est un miracle qu'elle s'en est sortie. Mais à quelque chose le malheur est bon, dit le proverbe : devant le danger qui semblait imminent, la famille, originaire d'Égypte mais disséminée aujourd'hui entre le Canada et l'Europe, ainsi qu'un des plus jeunes frères, jésuite, qui est toujours en Égypte, fut averti et ainsi sœur Thérèse à pu revoir tout ce monde, dont certains après plus de 60 ans! Quant aux autres, les soins énergiques ont fait qu'aujourd'hui nous pouvons dire que l'année se termine sereinement.
Certes, le souci pour notre pays reste une grande préoccupation. Malgré de nombreux pourparlers, l'avenir n'est pas pour le moment lumineux. Nous essayons, pauvrement mais avec détermination, d'être un îlot de paix par notre prière notre accueil de tous, voulant espérer de toute notre espérance que l'on avance vers la paix, même si nous ne la voyons pas encore se profile à l'horizon : il y a tant d'hommes et de femmes de bonne volonté de tous bords, dans le pays !
Cette nouvelle année qui approche à grands pas, nous vous la souhaitons très belle, remplie de la grâce du Seigneur, de paix, d'amour.
Vos sœurs du Mont-Carmel.