L'actualité du Monastère

Circulaire année 2008

Le clocher du Carmel

 

 

 

Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour ; celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui. (1 Jn 4,6)

Oui, au cours de cette année qui est sur le point de se terminer, nous avons plus d'une fois constaté combien cette parole fait vivre.

L'année tout ordinaire, et pourtant très, très riche en événements dont nous faisons mémoire pour en rendre grâce.

Rappelons en d'abord un qui, dès le début de l'année, a mobilisé la prière de la communauté : nos élections. Prière féconde, à ce qu'il semble, car nous avons amorcé un beau tournant : tout en gardant Sœur M. Joséphine comme prieure et Sœur Angela comme 1ère conseillère, la communauté a fait délibérément confiance aux jeunes, et jeunes venues assez récemment d'autres continents : 

 

Sr Véronica, du Chili,
Sr Claudine, de Madagascar,
Sr Maïra, du Pérou.

 

Et en fin d'année, nous pouvons affirmer que nous ne regrettons pas notre choix.

Comme tous les ans, nous avons largement investi notre temps et nos forces dans la formation.

  • Le P. Flavio nous a aidées à réfléchir sur le sujet proposé par l'ordre, la vie communautaire.
  • Le P. Garuti, OP, est venu nous parler de la « méthodologie biblique », et nous faire une bonne introduction à St Paul avant que ne commence l'année qui lui est consacrée.
  • Sr Anne Catherine, NDS, a profité de la retraite personnelle qu'elle a pu faire chez nous, pour nous donner une conférence sur l'attente juive et l'attente chrétienne.

Notre retraite communautaire a pris cette année une forme inédite ; elle nous a en effet été donnée non pas par un Père, mais par notre amie Denise, Sœur Blanche missionnaire d'Afrique. Le thème ? Le Cantique des cantiques.

Retraite profonde, priante, et qui nous a prouvé, si besoin était, que des femmes, et surtout des consacrées, sont tout à fait aptes à faire prier les autres à partir de la Parole de Dieu.

Sr Denise est revenue ensuite, avant son retour en Afrique, pour animer une session sur « la communication non-violente », sa spécialité. Un tout autre style, bien entendu, où la « girafe », symbole de douceur, gentillesse, compréhension…, et le « chacal », qui est tout le contraire, se cédaient la place à tour de rôle : Drôle, et… fort instructif sur nous-mêmes et sur nos attitudes spontanées.

Le P. Luc Deviller, OP, de l'École Biblique, qui venait depuis des années nous aider à approfondir la Parole de Dieu, va hélas nous quitter à la fin de l'année pour rejoindre les dominicains de Fribourg (Suisse). Nous le regrettons bien et lui souhaitons bonne continuation dans sa nouvelle mission.

Par contre, nous avons pu prendre contact avec le P. Ponsot, le nouveau directeur de l'École, et retenir au mois de janvier des dates pour une session sur Saint Paul, dont il est le spécialiste.

Puisque nous en sommes au chapitre des départs, signalons avec un peu de nostalgie que pour plusieurs de nos sœurs est arrivé le moment de retrouver leurs communautés qui nous les avaient généreusement prêtés pour un temps. Mais il y eut aussi une arrivée, et puis, la communauté reste heureusement suffisamment vaillante, on a même pu rendre ponctuellement un petit service à nos sœurs de Bethléem et de Jérusalem.

À propos de la formation, n'oublions pas la session offerte par l'Association. Désormais, l'organisation est bine au point : on la fait en deux groupes successifs, ce qui permet la participation d'un maximum de sœurs sans pour autant « dégarnir » nos monastères en laissant nos aînées seules.

Nous nous sommes donc retrouvées, cette année, chez les Pères de Bétharram, à Nazareth, juste à côté du Carmel, et le P. Ernesto, OCD, nous a fait entrer dans l'histoire, la théologie, les symboles… de la liturgie. C'était passionnant même pour celles qui avaient déjà quelques acquis dans ce domaine.

(Et à propos de la liturgie toujours, signalons un tout petit événement : la cithare commence timidement mais avec détermination à faire son entrée dans la liturgie communautaire ; jeunes et moins jeunes s'y mettent, pour accompagner un psaume ou jouer un petit morceau au moment de la communion…)

Et comme d'habitude, nous avons fait un petit pèlerinage à la Basilique de l'Annonciation, et découvert (ou redécouvert pour quelques unes), tout à côté de la basilique, un site archéologique chez les Sœurs de Nazareth, la maison et la tombe du « Juste », datant certainement du temps de Jésus. À ceux de nos amis qui risquent de venir en pèlerinage en Terre Sainte, nous conseillons : ne le ratez pas !

Des groupes de pèlerins, en fait, il y en eut si possible encore plus que l'année passée. A certains moments, nous devions prévoir une, deux, ou davantage messes hebdomadaires, en fin d'après-midi en général, où l'une ou l'autre sœur participait librement. Parfois, il y avait aussi une petite rencontre au parloir, au moins avec quelques sœurs. Et puis, cela nous donne aussi du travail ! Un peu chez nous, mais surtout à Stella Maris, les scapulaires, sachets de terre, images défilent, on n'arrive pas à fournir ! Quelle chance pour nous ! Et aussi pour le pays, car les hôtels et les hospices des pèlerins ne désemplissent pas.

Mais nous avons aussi, environ une fois par mois, des groupes d'Israéliens, conduits par notre amie Ghada, guide chrétienne arabe, qui viennent nous poser des questions sur le Carmel, sur notre vie, notre vocation… Là encore, outre que cela tisse des liens entre différents croyants de ce pays, cela nous donne aussi un petit appoint, car nos visiteurs achètent volontiers nos petits objets — cartes, signets, bougies, et dernière trouvaille, tisanes et herbes aromatiques du jardin.

Nous avons seulement un petit regret, de ne pas avoir davantage de contacts avec les différentes Églises de notre pays. Certes, Mgr Marcuzzo, évêque de la Galilée, vient nous donner des nouvelles ; il y a aussi le groupe de religieuse de la Galilée qui vient une fois pas an faire chez nous leur réunion mensuelle ; et surtout, il y a la messe du 15 octobre qui réunit dans notre chapelle la paroisse et pas mal d'autres chrétiens de Haïfa. Puis, cette année encore, Abouna Shoufani est venu nous partager son activité pour la confier à notre prière. Mais… il est vrai que les langues constituent une sérieuse barrière, il est difficile d'inviter quelqu'un avec qui on ne peut communiquer.

Cependant, cette année, un petit groupe de débutantes en anglais s'est mis en route sous la houlette d'une sœur de la communauté, et le mini cours d'arabe continue vaille que vaille. Donc, pour l'avenir, il y a de l'espoir.

Parmi les rencontres, signalons aussi celles avec nos Pères Carmes : au début de l'année, nous avons fait connaissance du P. Jean-Joseph Bergara, de la Province du Midi de la France. S'agissant d'un Carme, dire qu'il est sympathique, c'est presque un pléonasme ! Nous le reverrons en décembre, où il nous donnera une remarquable session sur le Livre des Demeures de la Santa Madre.

Puis, en automne, c'était le P. Bonaventure, un carme américain de la Province de Washington ; il vient pour passer une année sabbatique à Muhraqa (lieu du sacrifice d'Élie). Il est revenu un peu plus tard, accompagné du P. Norbert, un jeune carme autrichien, qui nous a célébré la messe… en hébreu, s'il vous plaît ! A la rencontre au parloir, ils nous ont projeté des photos, surtout du Saint Désert aux USA où ils ont passée quelque temps ensemble.

Puis se fut le tour du P. Carmelo, un carme italien missionnaire depuis 51 d'année au Japon. Il vient, lui aussi, pour une année sabbatique, mais à Stella Maris. Depuis, il vient parfois nous dire la messe, et nous l'apprécions beaucoup.

Et pour finir l'année, nous avons encore eu la visite du P. Robert PAUL, Canadien et définiteur chargé de notre région, et avons eu une bonne rencontre avec lui.

Très différents quant à leur aĝe, provenance, type d'apostolat…, tous ces Pères ont (outre leur vocation de Carme), un point commun : un très grand sens de l'humour !

Cette année, aussi, une sœur du Carmel de Fayoum, Sr Naama, a pu venir et rendre visite à nos quatre communautés, dans le but de resserrer les liens de notre Association avec le carmel d'Égypte.

Comme toute carmélite, nous vibrons aussi à tous les événements importants de l'Église.

L'Église locale d'abord : Mgr Sabbah, le Patriarche Latin de Jérusalem, a atteint l'âge de démission. Il est remplacé par Mgr Fouad TWAL, un Jordanien, fort sympathique, qui revient dans le pays après de longues années au service de la diplomatie de l'Église d'abord, puis comme évêque de Tunisie

Puis, dans les événements de l'Église universelle, nous retenons deux événements :

Le Synode sur la Parole de Dieu, dont nous avons suivi avec beaucoup d'intérêt les travaux et dont nous attendons avec impatience les conclusions officielles. Mais surtout, nous n'avons pas été peu fières d'apprendre que « notre » Grand Rabbin de Haïfa était sollicité pour y prendre la parole au nom du judaïsme.

En parallèle, nous étions aussi intéressées par la lecture continue de la Bible que nous avons suivie par moments à la TV.

Puis, Benoît XVI nous a offert l'année Saint Paul, qui fait vibrer notre cœur de carmélites de Terre Sainte. Le message de l'amour inconditionnel du Christ, qui a bouleversé et transformé sa vie, fait l'objet de notre intérêt et chaque semaine une sœur à tour de rôle est chargée de nous le rappeler. Chacune le fait à sa manière : les passages des lettres à méditer, des petits partages en communauté, des chants, des images offertes aux sœurs… Toute la richesse de notre diversité s'y exprime.

Bien sûr, les épreuves ne nous ont pas manqué, surtout des épreuves de santé. Mais nous les portons vaillamment ensemble dans le dynamisme communautaire.

Est-ce tout ? Presque. Mais dans les événements communautaires il y a eu cette année de l'inhabituel, voire de l'insolite.

Tout d'abord, à propos de nos élections, signalons que nous avons eu de ce fait, cette année, DEUX fêtes de prieure, à la demande générale des sœurs, car en bonnes carmélites nous aimons les fêtes.

Puis à propos des pèlerinages : Un soir vers 9 heures, un groupe assez inhabituel a sonné au portail ; tous les évêques de la Conférence épiscopale de Chili, qui venaient de terminer leur retraite en Galilée avant de partir pour la visite ad limina, sont venus eu chœur rendre visite à nos deux sœurs chiliennes. Qui dit mieux ?

Mais peut-être le plus insolite est ceci : un descendant de la famille de deux de nos sœurs a repéré dans l'Internet notre site et nous a écrit, en demandant quelques détails sur ses parentes, et a enrichi nos archives en nous envoyant des copies des lettres que nos carmélites écrivaient à leur famille en France ! Des deux côtés, nous espérons nous rencontrer un jour.

Cette fois, nous arrivons vraiment à la fin de notre partage. Avant de terminer nous voudrions vous dire encore que nous préparons avec ardeur, par la prière et les partages, la prochaine rencontre européenne des Associations et Fédération des Carmélites, à laquelle les déléguées de notre petite Association ont été invitées.

Nous avons vécu cette année sous le protection spéciale de Jean de la Croix, dont nous voulons vous offrir une « perle », en préparant Noël :

A moi sont les cieux et à moi est la terre, et à moi sont les peuples; les justes sont à moi et à moi les pécheurs; les anges sont à moi et la Mère de Dieu est à moi et toutes les choses sont à moi, et Dieu même est à moi et pour moi, parce que le Christ est à moi et tout entier pour moi.
Que demandes-tu et que cherches-tu donc, mon âme? A toi est tout ceci et tout ceci est pour toi. Ne t'estime pas moindre. Ne prête pas attention aux miettes qui tombent de la table de ton Père. Sors au dehors et glorifie-toi en ta gloire. Cache-toi en elle et sois dans la joie, et tu obtiendras ce que ton coeur demande.

C'est dans cette lumière que nous entrons dans l'Avent, temps privilégié qui nous prépare à célébrer le Mystère de l'Incarnation dans la solennité de Noël.

                                               Vos Sœurs du Mont-Carmel - Haïfa

 

                                          Le port s'éveille