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Les fêtes que nous aimons célébrer

15 août – fête de l’Assomption

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Madone Sixtine de Raphaël

 

 

Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu. Tu as rejoint la Source de vie, toi qui conçus le Dieu vivant et qui délivres nos âmes de la mort par tes prières.
Tropaire de l’Église Orthodoxe
pour la fête de la Dormition de la Mère de Dieu.

C’est peut-être la plus grande fête de la Vierge Marie. Et pourtant, c’est aussi celle dont il est le plus difficile de parler « correctement ».

Elle remonte très loin, certainement au IVe siècle… alors que la définition dogmatique date du siècle passé. Mais les anciens, les Pères de l’Église, tout comme aujourd’hui encore les Églises d’Orient, préfèrent parler de la « Dormition de la Mère de Dieu ».

 

 

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L’icône de la Dormition

 

 

Dormition… mot qui n’est utilisé pour aucune autre créature. Marie s’est « endormie » dans le Seigneur. Les icônes en Orient, les peintures du Moyen Age en Occident, au temps de la pleine communion entre nos Églises (et même plus tardivement), nous montrent en effet marie paisiblement endormie au milieu des siens, tous les apôtres étant présents, et Jésus à son chevet, debout, tenant dans ses bras l’âme de sa Mère comme un tout petit bébé emmailloté…

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Dormition : Riches Heures du Duc du Berry, 14e siècle

« Si vous ne devenez pas comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Cieux »

Et pourtant, dès l’origine, des théologiens tout comme des simples croyants ont senti là comme une faille que leur fois - ou leur piété - s’empressait de combler.

Les évangiles apocryphes s’en donnent à cœur joie dans des légendes pieuses dont le personnage pivot est… Thomas l’Incrédule !

Supposé être le seul absent au moment de la dormition, il devient témoin, bien involontaire d’ailleurs, de l’Assomption : tantôt en recueillant la ceinture que Marie lui lance au moment où il la voit emportée vers le ciel, tantôt en faisant ouvrir la tombe déjà close pour contemplant une dernière fois son visage… et la trouvant vide.

Rien que de la religiosité populaire, serait-on tenté de dire ?

Mais les écrits des Pères de l’Église foisonnent des textes bien plus sérieux, de la théologie bien réfléchie, et qui souvent dans une forme poétique, splendide posent la question essentielle : Comment le corps qui a façonné l’humanité du Fils de Dieu pourrait-il subir la corruption comme n’importe quel autre ?

Que l’on nous permette ici de signaler, parmi tant d’autres, l’inoubliable sermon de St Jean Damascène.

Et là, on s’arrête au seuil du mystère.

Assomption, Marie est « assumée dansa la gloire de Dieu »…
La première des créatures ayant déjà retrouvé pour l’éternité « la gloire des enfants de Dieu »,
Prémices et promesse de notre propre destinée.

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Dormition – Duccio di Buoninsegna (14e s)
 

 

Sermon de Saint Jean de Damas

pour la Dormition de la Mère de Dieu (extraits)

Jadis, le Seigneur Dieu frappa les premiers parents de la race mortelle qui s’étaient enivrés du vin de la désobéissance et s’étaient endormis d’un sommeil de mort. Il les chassa du Jardin d’Éden.

Mais aujourd’hui, celle qui a produit en elle le germe de l’obéissance à notre Dieu et Père, celle qui a redonné la vie à toute la race humaine, comment le Paradis ne la recevrait-t-il pas ?

Elle qui fut unie à Dieu de tout son être, comment la mort pourrait-elle l’engloutir, les Enfers se refermer sur elle ?

Si le Christ, Vérité et Vie, a dit : « Où je suis, là aussi sera mon serviteur  », comment sa mère, bien davantage, n’habiterait-elle pas avec lui ? La mort des saints est précieuse aux yeux du Seigneur ; combien plus précieuse encore la Pâque de sa Mère !

Adam et Ève, les ancêtres de notre race, des lèvres pleines de joie s’écrièrent à pleine voix : « Heureuse es-tu, ô fille de notre race, qui as aboli pour nous la peine que méritait notre transgression ! Tu as reçu de nous en héritage un corps corruptible, et tu as porté pour nous dans ton sein un vêtement d’incorruptibilité ! Tu as reçu de nous la vie périssable, et tu nous as donné en retour la vie véritable… Tu as restauré notre ancienne demeure ; car nous avions fermé le paradis, et toi, tu as rouvert l’accès de l’arbre de vie. Par notre faute, le bien s’était changé en peines ; grâce à toi, des peines sont sortis pour nous de plus grands biens.
Comment goûterais-tu la mort, toi qui es sans tache ? Pour toi, elle sera un pont qui conduit à la vie, un passage à l’immortalité.
 »

Marie dit alors : « En tes mains, mon Fils, je remets mon esprit. Reçois mon âme que tu chéris, que tu as préservée de toute faute. C’est à toi aussi, et non à la terre, que je remets mon corps. Emporte-moi auprès de toi, afin que là ou tu es, toi le fruit de mes entrailles, je sois moi aussi pour partager ta demeure. Je me hâte de me retourner avec toi, ô toi qui descendis vers moi en abolissant toute distance. »

Elle entendit alors une voix :

Viens ma mère bénie, entre dans ton repos.

Lève-toi, ma bien-aimée, belle entre les femmes,

car voilà, l’hiver est passé…

 

 

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