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Les fêtes que nous aimons célébrer

14 septembre – L’exaltation de la Sainte Croix

En Occident, nous savons que l’année commence le 1er janvier. Ce que nous savons moins en général, c’est que cette date est fort récente. Et qu’elle avait bien du mal à s’imposer, au point qu’en France par exemple, il fallait, pour l’adopter, un décret royal, celui de Charles IX, en 1564 !

Ici en Orient nous sommes habituées à prendre en compte une réalité plus complexe. En effet, les croyants de toutes les religions qui nous entourent commencent leur année à des dates différentes. Ainsi pour les Juifs, c’est le 1er Tischri, qui tombe en général au mois de septembre ; le calendrier juif comporte d’ailleurs plusieurs « débuts d’année » non officiels, comme par exemple le mois de Nisan (celui de la Pâque) qui est appelé dans la Bible « le premier mois », ou le Tou biShvat (en janvier ou février) que l’on appelle « le nouvel an des arbres »… Pour les musulmans, le 1er Mouharram, jour de l’an officiel qui commémore du départ de Mahomet, de la Mecque pour Médine en 622, n’est absolument pas considéré comme une fête dans notre sens du mot ! Le fêter serait considéré presque comme une hérésie… Par ailleurs, sa date peut tomber à n’importe quel moment de l’année puisque le calendrier musulman, au contraire des autres calendriers, ne comporte aucun « rectificatif » et avance chaque année d’une dizaine de jours.

Et nos frères chrétiens orthodoxes, qui suivent toujours le calendrier julien, fêtent donc le nouvel an avec plusieurs jours de décalage par rapport à nous…

Tout ceci nous rend peut-être plus attentives au fait que différents « débuts d’année » peuvent coexister, même dans notre propre calendrier. Ainsi, le 1er dimanche de l’Avent est le début de l’année liturgique et, d’une certaine façon, de l’année chrétienne…

Mais il y a une fête qui passe en général pour ainsi dire inaperçue par l’ensemble des chrétiens occidentaux, mais pour nous carmélites, ainsi que pour tous les autres moines et moniales, elle est d’une importance capitale car elle marque traditionnellement le début de « l’année monastique ». Il s’agit du 14 septembre, la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix » ou, plus simplement, de la Croix Glorieuse.

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Icône de Constantin et Hélène avec la croix

A l’origine, elle rappelait seulement le moment où Ste Hélène, la mère de Constantin, aurait retrouvé la vraie croix de Jésus. Mais peu à peu elle s’est enrichie d’une signification nouvelle. St Jean l’Évangéliste voyait déjà dans l’événement de la croix l’instant même de l’exaltation du Christ à la droite du Père, l’instant éternel où le salut est déjà accompli, sinon achevé dans l’histoire : « Et moi, quand je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »

Ce n’est pas par hasard si la liturgie compte 40 jours entre la Transfiguration (le 6 août) et la Croix Glorieuse, cette « Pâque en raccourci » ; ce n’est pas par hasard si la liturgie chante ce jour la « croix resplendissante de lumière, Évangile de la Gloire du Christ » ; ce n’est pas par hasard enfin que les premiers crucifix, surtout ici en Orient, présentaient parfois le Christ en robe éblouissante de blancheur, avec la ceinture dorée, rappelant le texte de l’Apocalypse ; mais surtout, le Christ aux yeux grand ouverts, un Christ glorieux tel que nous le voyons sur le crucifix de Saint Damien qui parlait à François d’Assise, et qui est en fait une icône byzantine de toute beauté.

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Le Crucifix de St François

Voilà pourquoi dès les temps byzantins, les premiers ermites et moines (« des ascètes et des vierges » comme on disait alors) ont choisi cette date comme « leur » début d’année : le moment où nous aimons nous rappeler, en intensifiant nos observances monastiques, que si le Christ « devait souffrir pour entre dans sa gloire » (cf. Luc 24), Il nous invite nous aussi à prendre à sa suite le chemin étroit - en fait la « voie royale de la Croix » - pour entraîner derrière Lui toute l’humanité déjà sauvée vers la gloire de la Pâque éternelle.

 

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